Paname In My Belly : le compte qui traque les adresses pas chères de Paris

Cherchez l’adresse, vous ne la trouverez pas. Paname In My Belly n’est pas un restaurant mais un compte, celui de Nathanaël, alias Nathy le Glouton, qui filme les cantines parisiennes où on mange correctement sans y laisser un demi-loyer. Près de 560 000 abonnés sur Instagram, 189 000 sur TikTok et une obsession revendiquée pour le rapport quantité-prix. Google le classe d’ailleurs en « média », pas en établissement.

Nathanaël, le glouton derrière Paname In My Belly

Il se présente comme créateur de contenu, jamais comme critique gastronomique. Dans un reportage de 20 Minutes tourné en 2023, il raconte avoir ouvert le compte pendant qu’il touchait le RSA, avec un stock de photos et aucun plan de carrière. Sa formule tient en cinq mots : « je suis devenu influenceur malgré moi ».

Moi j’étais au RSA quand j’ai fait ce compte. Sortir dehors pour manger, c’était mission impossible. Je voulais prouver avec ce compte que non, ce n’est pas mission impossible.

La date de lancement, elle, varie selon les sources. Son profil LinkedIn fait démarrer l’activité en septembre 2021. Devant la caméra de 20 Minutes, en avril 2023, il parle d’un compte créé « il y a presque quatre ans », ce qui renvoie plutôt à 2019. Aucune des deux sources ne tranche l’autre et le doute mérite d’être signalé plutôt que gommé. Le compte, lui, tourne toujours : des publications datées d’août 2026 circulent encore sur sa page Facebook et son Instagram reste le point d’entrée principal.

Une ligne éditoriale calée sur les petits budgets

Le fil rouge n’a pas bougé depuis le début : rendre Paris mangeable pour les fauchés. Étudiants au départ, puis un public de tous âges, avec des messages de parents qui cherchent où emmener leurs gosses sans exploser le budget. Son format signature consistait à manger une journée entière dans Paris pour moins de 15 euros. L’inflation l’a obligé à relever la barre à 20 euros, ce qu’il assume à l’écran plutôt que de faire semblant.

Côté terrain, il tourne beaucoup dans l’est et le nord de la capitale : une poutinerie rue d’Enghien dans le 10e, une cantine végétarienne à Montmartre, des sandwicheries près de Notre-Dame, des adresses africaines et asiatiques peu documentées ailleurs. Le reportage de 20 Minutes l’a suivi jusqu’à une brasserie du 19e où le poulet frites tenait à 6,86 euros en 2023, un prix inchangé depuis 2002. Sa bio pousse le périmètre plus loin encore, jusqu’à la banlieue et au reste de la France, ce qui étire un peu le mot Paname.

Ses adresses, il les trouve de plusieurs façons :

  • Le stock personnel des années de galère, quand il fallait déjà manger pour trois fois rien
  • Le bouche-à-oreille classique, entre restaurateurs et habitués
  • Les signalements de ses propres abonnés, qui lui remontent énormément de spots
  • Le repérage sur les réseaux et dans les émissions culinaires
  • Des journées entières passées à arpenter Paris en lisant les menus et les prix affichés

Instagram, TikTok, Facebook : où il pèse le plus

L’audience se répartit très inégalement selon les plateformes, ce qui change la nature du contenu qu’on y trouve.

Réseau Audience (août 2026) Ce qu’on y trouve
Instagram 559 900 abonnés Le cœur du compte, reels et posts d’adresses
Facebook 241 500 abonnés Reprise des vidéos, audience plus âgée
TikTok 189 300 abonnés, 4,3 M de j’aime Formats courts, spots dits secrets
YouTube 53 900 abonnés Shorts, plateforme secondaire

L’outil d’analyse Modash, qui le classe deuxième de son top 20 des comptes food parisiens en août 2026, avance un taux d’engagement de 2,77 % et une moyenne de 584 000 vues par reel. Le même outil estime la part de faux abonnés à 18,3 %, un chiffre à prendre comme une estimation algorithmique et non comme un verdict. L’audience penche côté féminin, à environ 60 %.

Peut-on se fier à ses adresses ?

La bonne nouvelle : il déclare ses partenariats de façon plutôt lisible. Certaines publications portent la mention « invitation offerte sans obligation de post », d’autres affichent noir sur blanc qu’il annule la collaboration si le repas ne lui plaît pas sur place. Cette clause d’annulation vaut mieux que le silence pratiqué par une bonne partie du secteur.

Les réserves existent aussi. Les jeux-concours reviennent souvent, avec des repas à gagner chez des enseignes partenaires. La frontière entre recommandation et opération commerciale s’y brouille. Le format vidéo court récompense l’effet de surprise sur le prix, pas la constance d’une cuisine sur six mois. Personne ne note un compte de créateur : ni Google, ni TheFork, ni Tripadvisor ne délivrent d’étoiles à Nathy le Glouton et toute note affichée à côté de son nom sur un annuaire vient d’ailleurs. Ses vidéos servent de piste de départ, pas de garantie.

Le voisin avec qui Google le confond

Un autre compte parisien s’appelle Paname a faim, tenu par Elias, avec environ 476 000 abonnés sur Instagram. Il travaille une ligne différente, très orientée halal et Île-de-France et publie une carte Mapstr de plusieurs centaines d’adresses. Les deux noms commencent pareil, les deux comptes filment des assiettes à Paris et les moteurs de recherche mélangent régulièrement les deux. Retenez le prénom : Nathanaël pour Paname In My Belly, Elias pour Paname a faim.

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