Paname Lunetier, des lunettes parisiennes fabriquées loin de Paris

Paname Lunetier porte le surnom argotique de Paris et sa boutique se trouve à vingt kilomètres de Toulouse. La marque naît en 2013 dans la tête de trois amis parisiens, elle taille des montures en acétate épais et baptise ses modèles du nom des stations de métro. Le paradoxe est posé d’entrée : si vous cherchez une vitrine Paname dans le Marais, vous ne la trouverez pas.

Une marque parisienne posée en Haute-Garonne

Tout part de Nicolas Loison. Après des années passées chez Angeleyes à distribuer de grandes maisons et à piloter le marketing de Vinyl Factory, il quitte la société en 2013 et s’installe à Toulouse. De là, il appelle deux amis, Jérémy Pelletier et Flab, pour mettre en commun leurs compétences en graphisme, design, mode et commerce. La marque naît d’un départ de Paris, pas d’une installation à Paris, ce qui explique cette nostalgie affichée dans chaque collection.

Véhiculer l’image de Paris et ainsi promouvoir la France à travers une collection de lunettes.

L’ambition est citée telle quelle par Medoc Optique, qui suit la marque depuis ses débuts. Aujourd’hui l’adresse en propre tient au 3 avenue de Castelnau, à Montastruc-la-Conseillère (31380), joignable au 05 31 61 37 73. Trois opticiens y travaillent. La marque tourne toujours : de nouveaux coloris sont sortis en 2026, dont un modèle Les Halles corail transparent et une version écaille dorée.

Ce que Paname Lunetier fabrique vraiment

Le cœur de gamme, c’est l’acétate de cellulose taillé épais. Six millimètres sur la plupart des montures, jusqu’à dix sur certaines pièces, ce qui donne du volume et un relief que les montures fines n’ont pas. L’épaisseur assumée est la signature technique de la maison. Le métal apparaît en insert sur quelques références pantos et les créateurs ont longtemps récupéré d’anciennes charnières et d’anciennes montures métal pour les remonter à leur sauce.

Le catalogue se répartit ainsi :

  • Des montures optiques mixtes, femme et homme, en acétate uni, écaille ou bicolore
  • Des solaires aux verres fumés, ambrés ou miroir, souvent dans des acétates très colorés
  • Une ligne enfant baptisée Tronche de Cake by Paname
  • Des capsules ultra limitées, comme une série années 90 fluo tirée à soixante exemplaires dans le monde

Les coloris tirent vers le vif et le translucide plutôt que vers le noir sage. Vert, rouge, rose, ambre, violet : les revendeurs parlent tous de couleurs chamarrées et de mélanges audacieux.

Des montures qui portent les noms du métro

Paname, c’est le surnom que Paris traîne depuis le début du siècle dernier. La marque ne s’arrête pas au nom : elle baptise ses modèles Alésia, Auteuil, Brochant, Cardinet, Caulaincourt, Chevaleret, Courcelles, Denfert, Exelmans, Bir Hakeim, Commerce ou Les Halles. La collection se lit comme un plan du réseau RATP, avec deux clins d’œil que seuls les initiés attrapent : Croix-Rouge et Haxo, deux stations fantômes que les voyageurs ne verront jamais.

D’autres modèles préfèrent les prénoms, Juliette, Romane, Grace ou Brenda et le pied de page du site affiche la devise de la ville, Fluctuat Nec Mergitur. Le lien avec la capitale reste donc graphique et sentimental, jamais géographique.

Où essayer les montures et à quel prix ?

La marque ne vend pas ses prix en ligne : sur paname-lunetier.fr, chaque fiche produit affiche 0,00 € et renvoie vers le réseau d’opticiens partenaires. Compter dans les 200 € la monture, c’est le tarif affiché sur la grande majorité des quatre-vingts références disponibles chez IRIS&OCTAVE, l’un des rares revendeurs à jouer la transparence en ligne.

Pour essayer, il faut passer par un opticien indépendant. Lunetier d’Exception en présente une sélection à Aix-en-Provence, Medoc Optique en Gironde et l’annuaire de Lunettes Originales recense les lunetiers qui distribuent la marque partout en France. La page Revendeurs du site officiel liste les adresses à jour. Aucune boutique Paname n’existe à Paris, ce qui vaut la peine d’être dit avant de traverser la ville pour rien.

Ce qu’en disent les clients et ce qui coince

La fiche Google de la boutique de Montastruc affiche 5 sur 5 pour 204 avis. Attention à ce que ce chiffre mesure : cette note concerne le magasin d’optique, pas la marque en elle-même. Aucune plateforme d’avis ne note les montures Paname indépendamment, du moins rien de fiable ne remonte dans les résultats de recherche.

Côté revendeurs, les retours convergent. IRIS&OCTAVE parle d’une marque plébiscitée par ses clients comme par ses opticiens, salue les volumes originaux et juge le prix raisonnable pour de la création française. Lunetier d’Exception et Medoc Optique insistent sur le même point : le caractère des montures, sans logo voyant.

Quelques réserves méritent d’être posées :

  • L’origine de fabrication reste floue. Medoc Optique et Lunettes Originales parlent de made in France, IRIS&OCTAVE évoque une marque française à la fabrication italienne et l’acétate cité est italien
  • Sans prix affiché sur le site de la marque, il faut appeler un opticien ou fouiller les catalogues des revendeurs pour se faire une idée
  • Les séries limitées partent vite et ne reviennent pas, ce qui complique la recherche d’un modèle repéré sur Instagram
  • Le nom promet Paris et la logistique se joue en Haute-Garonne : les Parisiens dépendent entièrement de leur opticien de quartier pour voir les montures en vrai

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *