Vous tapez « paname a faim » et vous cherchez une table. Il n’y en a pas. Paname a faim, c’est le pseudo d’Elias, un créateur de contenu food parisien qui filme des restaurants et poste ses avis en vidéo. Google entretient la confusion en suggérant lui-même « Quelle est l’adresse de Paname a Faim ? ». Voilà ce qu’il y a derrière le nom et ce que ça vaut.
Aucune adresse, aucun établissement
Le 19 rue Joubert dans le 9e revient souvent quand on creuse le sujet. Ce n’est pas chez lui : c’est Nōō by Shinko, une table de nouilles maison qu’il a filmée et dont il recommande les Biang Biang braisées et les raviolis grillés en dentelle. Pareil pour le 85 rue du Faubourg Saint-Denis dans le 10e, le 39 avenue de Choisy dans le 13e ou le 83 avenue de la Bourdonnais dans le 7e. Ce sont les adresses qu’il visite, jamais les siennes. Elias ne tient pas de salle, ne livre pas, ne vend rien à manger. Il filme et il commente.
Qui est Elias ?
Le Parisien l’a interrogé en avril 2026 dans une enquête sur les restaurateurs franciliens qui misent tout sur les réseaux sociaux. On y apprend l’essentiel : 28 ans, 474 000 abonnés Instagram à cette date. Sa bio TikTok tient en cinq mots, « le mec qui mange là ». Sur Instagram il écrit « Viens manger Paname = IDF » et cette équation résume sa ligne mieux qu’un long discours. Il ne s’arrête pas au périphérique : Rosny, Créteil, la grande couronne reviennent autant que le Marais. Restaurateurs et marques passent par une adresse mail affichée en clair sur son profil, panameafaim@gmail.com.
Je test et donne mon avis ! Découvertes, adresses cultes, halal.
C’est sa propre description sur Mapstr et elle dit vrai. Le halal structure une grosse part de son fil, sur un créneau où l’information manque et où les comptes sérieux se comptent sur les doigts d’une main. Ses abonnés viennent chercher ça autant que la nouveauté du moment.
Où le suivre et ce qu’on y trouve ?
Le compte existe sur cinq plateformes, avec des usages différents. La carte Mapstr reste la plus utile pour qui cherche une adresse précise plutôt qu’un défilement de vidéos.
| Plateforme | Audience | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|
| environ 476 000 abonnés | Le gros du contenu, tests en Reels | |
| TikTok | environ 350 000 abonnés, 7,3 M de j’aime | Les mêmes vidéos, public plus jeune |
| environ 20 000 abonnés | Reprise des Reels | |
| Mapstr | 2 680 abonnés, plus de 860 adresses | La carte, classée par tags |
Cette carte grossit de semaine en semaine, ce qui explique les chiffres qui bougent d’une source à l’autre. Les tags qu’il utilise sont les siens : découvertes, adresses cultes, halal. C’est le seul endroit où son travail se lit d’un coup d’œil.
Ses avis tiennent-ils la route ?
Une bonne partie de ses vidéos naissent d’une invitation ou d’un partenariat. Il l’écrit à chaque fois et la mention change selon le cas :
- « publicité » quand la marque paie la campagne
- « invitation sans obligation de contenu par le resto, je poste que si je valide »
- « collaboration commerciale après validation sur place »
Ce niveau de détail vaut mieux que le « collab » fourre-tout de beaucoup de comptes food. La limite reste structurelle : un créateur invité filme rarement une soirée ratée et le fil finit par ressembler à une longue suite de bonnes nouvelles. Il publie quand même du négatif, une vidéo récente s’ouvre sur un « pas choqué mais déçu » sans détour. Ça existe, ça reste minoritaire. Prenez ses vidéos pour ce qu’elles sont : un repérage, pas une critique gastronomique.
Ce que Google raconte de travers
Deux résultats méritent la méfiance. Le premier est une fiche d’annuaire d’influenceurs qui décrit Elias comme un « créateur passionné au regard averti ». J’ai ouvert la fiche voisine, celle de Paname In My Belly : le texte est identique mot pour mot, seul le nom change. Ces pages sortent d’un générateur, elles ne décrivent personne.
Le second piège est la note de 4,8 sur 5 pour 1 500 avis que Google affiche à côté de cette même fiche. Elle vient d’une catégorie « Entreprise/Productivité » et concerne une application, pas un créateur. Aucune plateforme ne note les comptes food : ni Google, ni TheFork, ni Tripadvisor. Le seul test valable reste d’ouvrir trois de ses vidéos et de juger sur pièces.
Les homonymes qui polluent la recherche
Le mot Paname circule beaucoup dans la restauration et les moteurs mélangent tout :
- Paname In My Belly, autre compte food parisien, celui que Google confond le plus souvent avec lui
- Le Paname, brasserie française au 23 rue de la Chapelle dans le 18e, joignable au 01 73 75 22 61, où le plat tourne autour de 10 à 15 euros
- Un second Le Paname à Strasbourg et un Paname Street à Lille, sans aucun lien avec les deux précédents
Le bon compte porte l’identifiant @panameafaim, sur Instagram comme sur TikTok et sa carte d’adresses vit sur Mapstr. Tout le reste porte le nom sans porter la personne.







